La maladie de Waldenström (MW) décrite en 1944 par Jan Waldenström médecin suédois, est une maladie touchant les cellules appelées lymphocytes B. Ces cellules sont produites par la moelle osseuse * et jouent un rôle important au niveau des défenses immunitaires en produisant des anticorps* ( immunoglobulines) pour lutter contre les agents extérieurs (bactéries, virus etc..) Quand elles produisent des anticorps, elles se transforment en cellules appelées plasmocytes.
La maladie est caractérisée par une prolifération au niveau de la moelle osseuse des
lymphocytes B, des lympho-plasmocytes et des plasmocytes, toutes issues d’une même cellule (même clone).
Ces cellules fabriquent un même anticorps (immunoglobuline) qui va circuler dans le sang : c’est une immunoglobuline de type IgM (il existe d’autres types : IgG, IgA etc..). Etant produite par
des cellules identiques entre elles, cette immunoglobuline est appelée immunoglobuline « monoclonale » de type M. Les cellules de la MW vont s’accumuler dans la moelle. Elles peuvent plus
rarement passer dans le sang. Elles peuvent également s’accumuler dans les ganglions ou dans la rate, ce qui provoque une augmentation de la taille de ces derniers.
Il s’agit d’une maladie rare, avec une incidence estimée à 3.4 cas par million d’habitants chez l’homme et à 1.7 cas par million d’habitants chez la femme. Elle représente 2 % des hémopathies malignes.
Quels sont les signes de cette maladie ?
Le plus souvent, la découverte est fortuite car une majorité de personnes atteintes de MW ne
ressent aucun signe de la maladie. Il est fort probable que votre MW se soit déclarée plusieurs années avant d’être diagnostiquée
Une vitesse de sédimentation* élevée attire l’attention du médecin qui demande une électrophorèse des protides qui va mettre en évidence l’immunoglobuline anormale ( pic sur l’électrophorèse) qui
est fabriquée par ces cellules de la MW. Le passage des cellules de la MW dans le sang peut être responsable d’une augmentation des lymphocytes sanguins mise en évidence par une numération
systématique
Plus rarement, les signes qui attirent l’attention sont en rapport :
1) avec l’infiltration des cellules de la MW, responsable d’une diminution de la fabrication
des autres cellules de la moelle osseuse :
- diminution des globules rouges entraînant une anémie révélée par une fatigue, un essoufflement etc,
- diminution des globules blancs (les polynucléaires) pouvant provoquer des infections
- plus rarement, diminution des plaquettes, nécessaires à la coagulation du sang. pouvant être à l’origine de saignements ou d’hématomes
2) avec la fabrication de l’immunoglobuline (anticorps*) :
- Elle peut dirigée contre des composants du nerf (antigènes*) et être responsable d’une neuropathie touchant le plus souvent les membres inférieurs (révélée par des fourmillements, des crampes
ou plus rarement des troubles de l’équilibre).
- L’immunoglobuline peut aussi être responsable d’une anémie si elle est dirigée contre des composants des globules rouges
- Elle peut se déposer dans les petits vaisseaux lorsque la température du corps diminue. L’immunoglobuline s’appelle alors cryoglobuline. Les signes liés à cette cryoglobuline sont des
diminutions de la circulation des extrémités lorsqu’il fait froid et est parfois responsable d’ulcérations cutanées.
- Enfin elle peut être à l’origine d’hémorragies (saignements de nez) si dans la circulation sanguine, elle retient des protéines nécessaires à la coagulation du sang.
- Quand elle est en grande quantité peut provoquer une diminution de la fluidité du sang ( «syndrome d’hyperviscosité » (révélé par des maux de tête, des bourdonnements dans les oreilles…)
Certains de ces signes peuvent apparaître au cours de l’évolution de la maladie
Le diagnostic va reposer sur la mise en évidence de l’immunoglobuline M dans le sang avec des examens appelés électrophorèse des protides, immunofixation des protides etc... Mais la présence de l’immunoglobuline M pouvant être observée dans d’autres maladies hématologiques un examen de la moelle osseuse (myélogramme* et ou biopsie médullaire*) est nécessaire pour confirmer le diagnostic, mettant en évidence une augmentation des cellules lymphocytaires B.
Un interrogatoire et un examen clinique complet seront effectués pour rechercher des signes liés à l’immunoglobuline (voir chapitre précédent) ou à la recherche de ganglions ou d’augmentation de la taille de la rate.
Votre médecin peut également vous prescrire des examens pour rechercher des ganglions profonds, ou une augmentation de la taille de la rate (échographie, scanner






































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